Human Fiction

Action – Creation – Critique

Créer l’imaginaire, imaginer la création

J’ai demandé à mes collaborateurs, des écrivains et des amis, de m’envoyer une citation de leurs lectures, récente ou préférée, quelque chose qui les inspire. Ce que j’ai reçu est une variété d’idées qui se pose la question de ce qu’il veut dire de créer et d’imaginer, d’une façon ou d’une autre… des pensées interpellatrices qui sortent les œuvres de la fiction, vers des idées sur la valeur de la fiction qui nous interpelle tellement. Je vous laisse découvrir, ci-dessous, les citations des nos lectures qui nous parlent… et ma tentative de les traduire.

Créer sa propre histoire

Par Sam Desmet :

« …j’étais agitée de nature… mon seul soulagement était de… me permettre l’esprit de s’appesantir sur n’importe lesquelles apparitions qui pouvaient y surgir… et… d’ouvrir mon oreille intérieure vers un conte qui n’a jamais eu de fin —un conte créé par mon imagination, et raconté en continu ; qui s’accélérait avec tout incident, vie, feu, sentiment, que je désirais et que je n’avais pas dans mon existence actuelle. »
—Charlotte Brontë, Jane Eyre, chapter XII (Traduction)

Par Alban Blot :

« J’aurais pu mourir pour un moment comme ça.
Des poissons jaunes et bleus nageaient autour de moi. J’étais debout dans l’eau, en équilibre à quelques mètres de la surface éclairée par le soleil. Valérie était un peu plus loin, elle aussi debout dans l’eau, devant un récif de corail ; elle me tournait le dos. Nous étions nus tous les deux. Je savais que cet état d’apesanteur était dû à une modification de la densité des océans, mais j’étais surpris de parvenir à respirer. »
—Michel Houellebecq, dans Plateforme

Qui écrit notre histoire, exactement ?

Par Alexandre Ultré :

« Les dieux sont les rêves d’hommes rêvés par des dieux. »
—Christophe Arleston, dans Lanfeust de Troy, tome V (« Le souffle de l’Haruspice »)

Par Ievgeniia Sokova :

« Le jacmanna était violet vif ; le mur un blanc intense. Elle ne l’aurait pas estimait honnête de changer le violet vif et le blanc intense, puisqu’elle les voyait comme ça, malgré qu’il soit plus courant, depuis la visite de M. Paunceforte, de tout voir en pâle, élégant, semi-transparent. Puis, sous la couleur, il y avait la forme. Elle pouvait le voir, le tout, tellement clairement, avec une telle autorité, quand elle l’observait : c’était quand elle prenait le pinceau dans sa main que tout changeait. C’était dans ce passage d’un moment entre l’image et sa toile où les démons se jetaient sur elle, qui la menaient souvent au bord des larmes et qui faisaient que ce passage de la conception à l’œuvre était si épouvantable qu’une ruelle obscure était pour un enfant. Elle sentait souvent ainsi —luttant contre l’improbabilité pour garder son courage ; pour dire : “Mais c’est ça que je vois, c’est ça que je vois,” et ainsi serrer quelque bout misérable de sa vision contre sa poitrine, que mille forces ont fait leur mieux de lui en arracher. »
—Virginia Woolf, To the Lighthouse (Traduction)

L’importance de la création

Par Clément Fucci :

« La littérature est de l’actualité qui reste actuelle. »
—Ezra Pound (Traduction)

« La culture est un produit dérivé de la vie humaine et se repose sur le cadre de l’harmonie, l’indépendance, et la créativité. Le fleurissement culturel est le chemin de la libération et de la résistance contre le pouvoir militaire et les privilèges. Je suis convaincu que l’esprit incarné dans la littérature russe fournira des propositions fiables pour le développement culturel. »
—Daisaku Ikeda, Écrivain et philosophe bouddhiste, docteur honoraire de l’Université d’État de Moscou, 1975. (Traduction)

« Ce sont nos passions qui esquissent nos livres, le repos d’intervalle qui les écrit. »
—Marcel Proust

Par Bastien Houriez :

« Je sais ce que veulent dire mes films. On ne triche pas. On ne met pas de l’ambiguïté pour le simple plaisir d’en mettre. On ne laisse pas les choses sans réponse. Je sais ce que tout ça veut dire. Mais l’idée, c’est que mon interprétation n’a pas plus de valeur que la vôtre. »
—Christopher Nolan (Traduction BH)

Le rire dans tout cela

Par Laura Deavers :

« Le rire, c’est une chose humaine, une vertu qui n’appartient qu’aux hommes et que Dieu peut-être leur a donnée pour les consoler d’être intelligents. » (originalement du film Le Schpountz, 1937)
—Marcel Pagnol dans Notes sur le Rire

« La toute-puissance, c’est-à-dire la supériorité reconnue et proclamée sur tous et sur toutes, a souvent mené au crime des tyrans qui ne pouvaient plus rire de rien, et qui avaient envie de rire. »
—Marcel Pagnol dans Notes sur le Rire

By Laura Deavers, on November 20, 2014. Top.

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